La Saintélyon
Article mis en ligne le 14 décembre 2014
dernière modification le 16 décembre 2014
par LTC007
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En prime après les photos un ptit récit de la course de Philippe MARTIN
Bravo a eux
Morgan PLATET 289 en 07:46:12 ( 5eme espoir)
Patrick MERCIER 386 en 07:58:15
Sylvain PIALET 573 en 08:17:33
Jean Claude DURANT 584 en 08:18:26
Roger CHOLET 1564 en 09:23:45
David MAZADE1565 en 09:23:47
Philip MARTIN 1567 en 09:23:53
Sandrine COURBIS 1782 en 09:34:26

Récit d’une aventure entre amis, passionnés de course à pied, et désireux de s’unir pour vivre une expérience formidable.

De longues semaines ont précédé ce jour du 6 décembre 2014 durant lesquelles un groupe de coureurs du Teil Court s’est préparé, entraîné et a vécu au rythme des entraînements. Il nous a fallu bcp de volonté et d’abnégation pour arriver fin prêt et relever ce défi.
Au programme 72km et 1800mD+ nous attendent, bien sûr rien de comparable à un UTMB, une diagonale ou à un Thor de Géants, mais notre investissement a été entier et sans concession.

Samedi 15h parking de la mairie de Cruas, lieu de ralliement et départ pour une journée de 36h.
> L’ambiance était festive dans la voiture en direction de Lyon, tout le monde est
> très content d’être là. Les visages sont détendus, souriants, les organismes reposés. Un peu insouciant de ce qui nous attend, nous passons le tps à rire aux éclats mais impatient d’en découdre. Arrivée à Gerland sans embûche grâce à notre chauffeur préférée, impressionnant, super ce Palais des Sports, pas encore trop de monde pour le retrait des dossards c’est top. L’arche d’arrivée est installée et déjà nous nous voyons passer dessous dans qq heures....
> Bonne organisation, nous rentrons dans la file et nous récupérons rapidement l’enveloppe. Un petit tour par les stands puis nous récupérons un petit cadeau....des gants estampillés saintélyon !!!! Ça tombe bien il va pas faire très chaud !!! Le tps de rejoindre la voiture et je suis gelé, il va falloir gérer ce paramètre encore inconnu pour la plupart d’entre nous. on ne reste pas trop car on voulait manger un bout juste
> avant d’arriver à Saint-Etienne dans une cafétéria.
> Chose faite, on prend son temps mais le stress en regardant la météo à
> l’extérieur, se fait sentir. Peur d’avoir froid toute la nuit, il y avait du
> crachin. Le doute sur la façon de s’habiller s’installe et me voilà angoissé. Je commence à rentrer dans un mutisme tandis que d’autres arrivent à rester positif.
> Arrivée à Saint-Etienne, il ne faisait pas froid (2 degrés sans doute), le ressenti
> était doux, ciel couvert et le vent peu présent. On rentre dans la salle où bcp de monde était
> déjà parqué comme du bétail !!! On se trouve une petite place pour se
> changer au milieu de tout le monde. On voit des gens allongés par terre qui essaient de dormir et d’autres faisant la queue pour remplir les poches à eau. On a bien pris notre tps, très important pour moi, ne rien oublier et se sentir bien dans ses baskets. Finalement j’ai décidé de mettre un couche thermique odlo à même la peau et ma goretex Gore à capuche. Petits gants offerts par la saintélyon, petit bonnet et frontale par dessus, tour de cou, booster mollets, pantalon long windstopper salomon et chaussures salomon xa pro 3D ultra 2 goretex. On est professionnel ou on ne l’est pas !!! Me voilà enfin prêt.
> Je me sentais très motivé, le couteau entre les dents, prêt à tout casser. On décide de partir dans le premier sas des 5-7 heures pensant éviter la masse de coureurs.
> Nous voilà sur la ligne de départ, attendant "le coup de sifflet libérateur" qui permettra de lâcher dans la première vague pas moins de 1500 fauves toutes griffes dehors et la bave aux lèvres, un remake d’une nuit en enfer !!! Au final non seulement on est peut être parti un peu au-dessus de notre
allure mais on a pas évité la masse qui nous a rattrapé. L’organisation nous avait pourtant dit de partir dans le sas de notre allure....
> Bref, après 6,5 km je laisse partir Morgan, Laurent et Jean-Claude car trop rapide pour moi, tandis que Patrick et Sylvain caracolent en tête, la distance est longue et je me voyais mal parti à cette allure, jusque là que du goudron. Sandrine, Corinne, David et Roger restent en retrait qq foulées derrière. Les premiers pas hors du bitume ne laissent rien présager de bon pour la suite, la boue commence et ne nous lâchera pas pendant près de 40km, les appuis fuient,
> ça bouchonne, très pénible. Suis parti trop vite je le sens et ça m’inquiète
> pour la suite....qq doutes arrivent, moi qui pensais que ma préparation m’aurait donné les moyens d’être plus fort sur des terrains difficiles.
> Premier ravito km16 en 1h37 400-450m D+. Suis parti comme si j’allais faire
> 30km ! Il est trop tard, je suis seul face à moi même et je ne sais pas où sont les autres.
> Qq km après, mauvaise sensation digestive, peur d’avoir des nausées, je
> pense que c’est l’eau froide des flasques, j’avais pas pensé à ça.... Et je repense à mon abandon de Mirmande, je me voyais déjà sur le bord en train de me vider, tjrs la
> boue, les articulations et les muscles souffrent, je suis de moins en moins
> serein, voilà que le doute prend une place trop importante dans mon esprit,
> mes rêves se troublent, on dirait qu’ils vont s’échapper, je me dis que
> j’aurais peut être pas dû, putain tout ça pour venir faire 20km....j’ai pensé rendre mon dossard.
> Allez faut se reprendre un peu on verra à Sainte Catherine au km28, en
> attendant il faut réduire significativement l’allure. Au km28 en 3h07,
> fatigué, je bois et mange un peu, j’observe un peu les coureurs qui me
> paraissent bien aller par rapport à moi. Ça va un peu mieux, la chaleur du
> ravito me réchauffe le cœur, je resserre mes chaussures et je repars sans réfléchir.
> La boue est tjrs très pénible pour moi, je me crispe énormément, impossible de me détendre, je ne suis pas du tout à l’aise sur ce terrain, ça me rappelle les Chemins de Compostelle qui m’ont vallu 3 semaines d’arrêt. Il faut gérer l’allure sinon ça va
> pas le faire. Alors pourquoi ne pas regarder en arrière et admirer la magie de cette course, toutes ces lumières en mouvement qui marquent le sentier. Des milliers devant et des milliers derrière, qui nous montrent le travail accompli et celui restant à faire.... je marche dans les montées mais d’un bon pas, à la Marco Olmo, toute comparaison gardée bien sur !!!! de toute
> façon la boue et le monde font que ça sert à rien de courir. Ma vitesse
> moyenne baisse fortement et je sais que le chrono espéré ne sera pas là mais il
> faut voir si le mental est présent.
> Avant le ravito du km 40, je me fais rattraper par David et Roger et je suis pas en forme dans
> la descente, je peste tout seul avec toute cette boue qui n’en finit pas et
> les dizaines de coureurs qui n’arrêtent pas de me doubler !!! Je ne veux pas les retenir et les priver de leur course, ils ont l’air si bien. Saint Genou pointe son nez et je me restaure un peu et m’hydrate une nouvelle fois. Sans trop de conviction je repars en marchant et m’enfonce dans la nuit. Je crois que je ne réfléchis plus, je voulais abandonner et pourtant je suis tjrs là, mais pourquoi ? Serait il possible que je remonte la pente et qu’à nouveau je retrouve cette flamme dans les yeux et la bave aux bords des lèvres de la ligne de départ ?
> Sandrine me rattrape, elle souffre aux genoux et les descentes ne sont pas faciles, je suis inquiet pour elle et j’ai peur que la douleur ne devienne insupportable. Nous faisons qq centaines de mètres ensemble mais elle me dit de partir, que ça va aller....
> Le panneau arrivée à 30km est là, env 5h40 de course, tout est possible et
> cela me redonne la pèche, je recommence à en vouloir, c’est pas trop tôt quand même !!
> on a trop de chance
> d’être là et je n’ai pas le droit de laisser tomber, je dois y arriver, bcp
> de gens ont une pensée pour moi et il faut continuer. Bcp de descente arrive
> et même si mes muscles ont souffert je vais me lâcher sur le bitume et ça va aller, le terrain encore un peu gras mais c’est mieux. Je me libère enfin, c’est maintenant moi qui double et je suis bien présent, j’ai ma place dans cette course et je compte bien aller jusqu’au bout.
> On arrive à Soucieu au km 50, on va se refaire une santé avec un peu de
> saucisson !!! Je m’hydrate bien car il ne faut pas croire tout ce qu’on dit,
> même par temps froid on boit bcp, le vent et l’effort soutenu font qu’on se
> déshydrate. C’est une erreur de ne pas boire. J’entends soudain une voix qui
> m’appelle....je lève les yeux et c’est mon Lolo assis sur le banc, douleurs
> et problèmes digestifs ont eu raison de lui. Je suis déçu pour lui, j’aurais
> aimé pouvoir faire qqch. Mais ses encouragements me vont droit au cœur et on
> continue, plus que jamais je dois y arriver. David et Roger sont à 2 minutes devant !!! Je sors comme un fou et j’envoie..... La file des coureurs s’est effilochée depuis le km40 et
> pourtant personne en vue, mais c’est pas possible je vais bientôt arriver au
> dernier ravito....qqn me tape sur l’épaule ?? Ce sont eux !!! Mais il y en a
> un qui souffre mentalement. Arrivée au ravito de Chaponost km 60 et 7h36 de course, on prend le tps et on décide de passer la ligne ensemble et qu’importe le chrono et la barre des 9h que
> je m’étais fixé mais la solidarité et l’union sont plus importantes et nous
> apportent bcp plus de bonnes choses dans le cœur.
> Les premiers km se passent bien, on a pas à réfléchir c’est du goudron et le rythme imposé par notre trio est impressionnant de fraîcheur mais
> très vite notre ami Roger peine, on alterne donc marche et course, on le soutien
> le plus possible mais faut pas s’arrêter, faut trottiner, le jour s’est déjà
> levé et on se rend compte qu’on a passé la nuit à courir dans le froid, sans
> s’arrêter, juste pour le plaisir mais dans la souffrance malgré tout, avec
> ce désir plus fort que tout qui est de passer sous l’arche d’arrivée en
> vainqueur, en guerrier sorti victorieux d’une bataille avec lui même.
> Les 5 derniers km sont pour lui terribles, le visage décomposé, les joues creusées, le corps
> robotisé, le regard vide, l’esprit déconnecté, il n’est plus que l’ombre
> de lui même mais bien encore avec nous !!! Il ne lâche rien.
> On traverse la Saône et plus que 2km c’est bon ! Ça y est on y est arrivé
> !!!! Les dernières centaines de mètres sont bordés de personnes qui nous
> encouragent, c’est extra, on ne ressent plus les douleurs, la décharge
> d’adrénaline du devoir accompli nous rempli de joie et nous voilà bras
> dessus bras dessous sous l’arche d’arrivée !!!!
> C’est la délivrance et nous avons eu raison de garder confiance. Nous avons traversé des moments terribles qui ne peuvent que se vivre, je suis passé par des phases d’excitation, d’euphorie, de doute, de désespoir, pour pouvoir renaître et puiser encore et tjrs au fond de moi la force de ne pas céder, motivé par vos encouragements et celles et ceux qui ont eu confiance en moi et pour ça je vous en remercie.
> La Saintélyon ne s’improvise pas elle se mérite.
> Bravo à tout notre groupe, ça été une aventure extraordinaire, notre union a
> fait notre force.
> Merci à tous les encouragements que l’on a reçu et qui nous ont permis
> d’aller jusqu’au bout de notre effort.

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